Alors que la fièvre de la Coupe du monde s'empare de la planète, des centaines de millions de personnes célèbrent la capacité du football à rassembler les gens.
Mais pour de nombreuses personnes aveugles ou ayant une basse vision, la possibilité de participer pleinement au sport le plus populaire au monde n’a pas toujours été à leur portée.
Le cécifoot est en train de changer la donne. Grâce à quelques adaptations simples, il permet à davantage de personnes de découvrir l’enthousiasme, la camaraderie et le sentiment d’appartenance qui font de ce sport le plus populaire au monde.
Comment se joue le cécifoot?
- Chaque équipe compte cinq joueurs qui s’affrontent sur un terrain de 20 m sur 40 m.
- Tous les joueurs de champ portent un masque sur les yeux afin de garantir l’équité du jeu.
- Le ballon est muni de clochettes, ce qui permet aux joueurs de le localiser grâce au son.
- Les joueurs crient « voy » lorsqu’ils tentent de récupérer le ballon afin d’éviter les collisions.
- Des lignes de délimitation en relief aident les joueurs à s'orienter.

Il suffit d’un seul match pour devenir accro!
Pratiqué dans plus de 60 pays et présent aux Jeux paralympiques, le cécifoot (également appelé soccer à cinq) repose sur la vitesse, la perception de l'espace et le travail d'équipe.
Certains seront peut-être surpris d'apprendre que le cécifoot est aussi rapide et physique que le soccer traditionnel.
On entend le cliquetis du ballon sonore. On entend les voix des coéquipiers qui se guident les uns les autres. On entend également le cri familier « voy », qui signifie « j’y vais » en espagnol, lorsque les joueurs se rapprochent du ballon, en référence aux origines espagnoles de ce sport. Chaque son a une fonction.
« Il y a deux moments qui surprennent ceux qui ne connaissent pas ce sport », explique Matt Greenwood, fondateur de Soccability Canada (en anglais seulement). une association à but non lucratif créée pour rendre le soccer accessible à tous, quelles que soient les capacités de chacun.
« D’abord, ils ont du mal à croire que c’est possible, puis ils sont stupéfaits de voir à quel point c’est passionnant à regarder. »
Offrir la discipline à davantage de joueurs
INCA aide un plus grand nombre de personnes ayant une basse vision à découvrir le cécifoot. Grâce à des événements communautaires et à des partenariats avec des organisations telles que Soccability Canada, les participants peuvent découvrir ce sport, le pratiquer et entrer en contact avec une communauté croissante de joueurs.
Au cœur du programme de cécifoot d’INCA se trouve le Camp Lake Joe, le seul camp d’été entièrement accessible au Canada, destiné aux personnes ayant une limitation visuelle. Le camp abrite un terrain de soccer spécialement aménagé pour les personnes aveugles.
Depuis cinq ans, ce camp accueille des stages de formation au soccer pour les personnes aveugles, permettant à de nombreux campeurs de découvrir ce sport. Le camp a également joué un rôle important dans le développement de cette discipline au Canada, en réunissant des joueurs, des entraîneurs et des partenaires communautaires pour apprendre, s’affronter et bâtir l’avenir de ce sport.
Pour beaucoup, c’est la première fois qu’ils ont l’occasion de jouer au soccer dans un environnement adapté à leurs capacités. Ceci leur permet d'acquérir de nouvelles compétences, d’éprouver un vrai sentiment d’appartenance à un groupe, de nouer des amitiés et de découvrir tout ce que le sport peut leur apporter.

« J’ai ma place sur le terrain »
Pour Chayse Zehr, la passion pour le sport, qui l’accompagne depuis toujours, n’a pas faibli lorsqu’il a commencé à perdre la vue. Il a simplement pris une nouvelle direction.
À la fin 2024, il a reçu le diagnostic de neuropathie optique héréditaire de Leber, ce qui a entraîné une perte rapide de sa vision centrale en l’espace de quatre mois seulement. Il s’est alors lancé dans le cécifoot, avec la même détermination qui alimentait autrefois sa passion pour le hockey et le baseball.
Il a participé à un stage de formation au cécifoot organisé par Soccability Canada au Camp Lake Joe d'INCA au printemps dernier. Il affirme que c'est le sport le plus exigeant qu'il ait jamais pratiqué, surpassant même le hockey sonore, qu'il pratique également.
« Au début, je me sentais dépassée par le cécifoot : je devais réapprendre des choses que je pensais déjà maîtriser. Mais une fois sur le terrain, j’ai compris que c’était le sport qu’il me fallait. Il me stimule et me motive d’une manière tout à fait différente. »
Ce qui n'était au départ qu'un défi s'est rapidement transformé en une véritable passion. Comme le dit Chayse : « C'est au camp Lake Joe que je suis tombé en amour avec le cécifoot. »
Le soccer est un sport universel
À l'origine, ce sport repose sur la technique, le travail d'équipe et la compétition. Le cécifoot perpétue cet esprit en ouvrant le terrain à ceux qui sont souvent laissés sur la touche. Il n’en résulte pas un sport différent, mais un sport plus accueillant, dans lequel davantage de personnes peuvent s’impliquer et trouver leur place.
Pour Chayse et Matt, l’avenir regorge de possibilités. Tous deux espèrent voir se former, dans les années à venir, la première équipe masculine canadienne de cécifoot, s'appuyant sur la dynamique créée par l'équipe nationale féminine en 2022, afin de faire découvrir ce sport à un plus grand nombre de joueurs et de fans d’un bout à l’autre du pays.
Pour plus d’informations et un peu d’inspiration, rendez-vous sur le site du Camp Lake Joe d’INCA, notre camp accessible aux personnes ayant une limitation visuelle et soutenu par les donateurs. Explorez également tout ce que fait Soccability Canada (en anglais seulement) pour promouvoir l’inclusion au Canada.