Une longue route rurale rectiligne s'étendant à perte de vue. C'est une journée brumeuse et il y a des flaques d'eau sur la chaussée. De chaque côté de la route, on aperçoit des champs, des arbres et des lignes électriques.

Présentation de la trousse d’outils sur le transport en commun rural d'INCA : conçue par les communautés rurales, pour les communautés rurales

Par : Patti Ellis

Les transports posent des défis importants aux personnes ayant une limitation visuelle dans les villes canadiennes. Se déplacer en transport en commun, dans un trafic dense, face à des signaux sonores pour piétons défectueux et sur des trottoirs endommagés peut être frustrant, mais cela reste possible. Pour les personnes vivant en milieu rural, c’est une tout autre histoire.

Je vis dans une communauté rurale composée de trois villages, entourée de fermes et de propriétés, reliées entre elles par des routes principalement en gravier bordées de fossés profonds. Les autorités locales ont récemment mis en place une ligne de bus pour relier les trois communautés, considérant cette initiative comme un pas en avant vers l’accessibilité et l’inclusion. Malheureusement, cela n’a rien résolu pour ceux d’entre nous qui habitons à plusieurs kilomètres des arrêts. La seule autre option dont nous disposons est une petite compagnie de taxis desservant la région, avec un coût moyen de 60 $ par trajet simple, ainsi qu’un chauffeur Uber. Ces exemples montrent bien que, dans une communauté rurale, il est souvent impossible de se rendre là où l’on doit aller sans véhicule.

Il y a plusieurs années, j’ai tenté de faire bouger les choses en rejoignant le comité consultatif sur l’accessibilité de la ville, mais je me suis rapidement rendu compte qu’il ne disposait d’aucun budget. Lorsque j’ai récemment contacté le comité consultatif actuel, ses membres ne m’ont été d’aucune aide, me suggérant plutôt de compter sur ma famille et mes amis. Ceux d’entre nous qui vivent avec une perte de vision savent que les relations familiales peuvent être suffisamment stressantes sans qu’un membre se sente redevable envers un autre. Il peut également être gênant de dépendre d’amis qui doivent faire un détour de plusieurs kilomètres pour vous emmener à une réunion ou à un rendez-vous. Heureusement, j’ai quelques très bons amis qui ne voient pas d’inconvénient à me conduire. Malgré tout, je trouve ce manque d’autonomie décourageant.

C’est pourquoi j’ai sauté sur l’occasion de rejoindre le Comité consultatif sur la stratégie de transport rural d’INCA. Cette initiative a réuni des personnes de partout au Canada afin de créer une boîte à outils destinée à aider les personnes aveugles, sourdes-aveugles ou ayant une basse vision à promouvoir des changements au sein de leurs communautés.

J’ai été choquée par les difficultés auxquelles d’autres étaient confrontés, comme devoir faire trois heures de route simplement pour se rendre à l’épicerie. Il était réconfortant de réaliser que nous étions tous confrontés à des difficultés similaires en matière de transport rural, et que nous allions travailler ensemble sur un projet accessible aux personnes vivant dans les communautés rurales.

Le boîte à outils de défense du transport en commun rural comprend de nombreuses suggestions, telles que s’associer à d’autres groupes communautaires confrontés à des défis similaires et renforcer notre pouvoir collectif, ce qui est essentiel pour changer le statu quo. La trousse contient également des modèles de lettres, des conseils pratiques et des instructions pour organiser une assemblée publique réussie ou préparer une délégation devant le conseil municipal. J’espère sincèrement qu’avec l’aide de cette trousse d’outils et peut-être un peu de courage, nous qui vivons dans des communautés rurales pourrons rendre le transport en commun plus accessible à tous.

Téléchargez la boîte à outils pour la défense du transport en commun en milieu rural